L'histoire de la Saint-Valentin : entre saints, oiseaux et marketing.
Quand on entend « Saint Valentin », on s’attend à une histoire religieuse bien rangée. Mais la réalité est plus complexe, un peu folklorique… et rarement romantique à l’origine.
Qui était Valentin ?
Le nom vient de plusieurs personnages historiques appelés Valentin (Valentinus en latin), tous morts au IIIᵉ siècle en tant que martyrs sous l’Empire romain.
Le plus souvent évoqué par les historiens est Valentin de Terni (ou de Rome), prêtre ou évêque, exécuté vers l’an 270 sous l’empereur Claude II le Gothique. La légende moderne raconte parfois que Valentin aurait célébré des mariages chrétiens en cachette, ce qui aurait contré une loi romaine et lui aurait valu la condamnation à mort. En réalité, les sources antiques ne permettent pas d’affirmer cela avec certitude : il n’existe aucun document historique direct attestant que Valentin mariait des couples pour protéger des hommes de la guerre. On sait seulement qu’il fut arrêté et exécuté en raison de sa foi chrétienne, ce qui, à l’époque, équivalait à un crime aux yeux de l’État romain.
Pourquoi le 14 février ?
Le 14 février est la date à laquelle l’Église a associé le culte de Valentin dans ses calendriers liturgiques. Cette date apparaît dès le Ve siècle : le pape Gélase Iᵉʳ l’a fixée comme jour de commémoration du saint.
Mais il se trouve que, dans la Rome antique, une fête païenne importante se déroulait justement à cette période : les Lupercales, célébrées du 13 au 15 février. Les Lupercales étaient une fête de purification et de fertilité dédiée au dieu pastoral Faunus.
Le rituel était spectaculaire et un peu brutal : des hommes enduits de sang sacré couraient nus ou semi-nus autour de Rome, puis frappaient les femmes avec des lanières de peau de bouc pour favoriser la fertilité.
Cela n’avait absolument rien à voir avec l’amour romantique, mais plutôt avec des rites de purification et de fertilité.
Christianisation d’une date… et naissance d’une fête d’amour.
À partir du Ve siècle, l’Église a cherché à remplacer des fêtes païennes par des célébrations chrétiennes. Fixer une fête pour un martyr en plein milieu des Lupercales était une façon de récupérer cette période du calendrier tout en donnant un sens chrétien.
Il n’existe aucune source historique sérieuse indiquant que la Saint-Valentin a été officiellement créée pour célébrer l’amour romantique à l’époque.
En fait, l’association entre le 14 février et l’amour romantique n’apparaît pleinement qu’au Moyen Âge, surtout au XIVᵉ siècle, notamment grâce aux poètes comme Geoffrey Chaucer, qui ont commencé à relier cette date à la « saison des amours des oiseaux ».
Saint-Valentin, patron des amoureux ?
L’idée que Saint-Valentin serait le « saint patron des amoureux » n’est pas documentée avant le Moyen Âge. Les récits mentionnant un pape du nom d’Alexandre VI en 1496 qui aurait officiellement désigné Valentin comme protecteur des amoureux ne reposent sur aucune source fiable dans les textes historiques de l’époque.
Des traditions populaires au folklore moderne.
Avec le temps, des coutumes variées se sont greffées à cette date :
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Au Moyen Âge, dans certaines régions d’Europe, le 14 février fut associé à des jeux sociaux où jeunes gens et jeunes filles se rencontraient, parfois selon une forme de tirage au sort.
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À partir du XIXᵉ siècle, apparaissent en Angleterre puis aux États-Unis des cartes d’amour imprimées, puis, au XXᵉ siècle, des traditions commerciales de chocolats, fleurs et cadeaux.
La plupart des usages modernes n’ont rien à voir avec les saints martyrs antiques, mais résultent d’un mélange de traditions populaires, d’interprétations littéraires et d’évolutions commerciales.
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