Ce 4 février 2026, c'est la journée mondiale contre le cancer.
Le cancer et ses traitements n’affectent pas uniquement la vie ou la santé physique. Ils ont également un impact profond sur la vie intime et sexuelle des personnes concernées. Pourtant, la sexualité reste encore trop souvent absente des échanges entre patient·e·s et professionnel·le·s de santé, alors même qu’elle fait pleinement partie de la qualité de vie.
Des effets multiples, variables selon les personnes
Les répercussions du cancer sur la sexualité sont multiples et dépendent de nombreux facteurs : type de cancer, traitements reçus (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie), âge, état de santé général, histoire personnelle et relationnelle.
Parmi les effets fréquemment rapportés figurent :
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la fatigue persistante,
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les douleurs,
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les troubles hormonaux,
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la baisse du désir sexuel,
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les difficultés d’excitation ou d’orgasme,
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les troubles de l’érection ou de la lubrification,
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les modifications de la fertilité.
Ces effets peuvent être transitoires ou durables. Ils ne sont ni systématiques ni identiques d’une personne à l’autre.
Image corporelle et estime de soi
Les transformations physiques liées à la maladie ou aux traitements (perte de cheveux, cicatrices, mastectomie, stomie, variations de poids) peuvent profondément affecter l’image de soi. De nombreuses personnes décrivent un sentiment d’étrangeté vis-à-vis de leur corps, une perte de confiance ou la peur de ne plus être désirable.
Selon l’Institut national du cancer, ces bouleversements peuvent entraîner un repli sur soi et une diminution de la vie intime, en particulier lorsque le sujet n’est pas abordé ou accompagné.
Sexualité : au-delà de la performance
La sexualité ne se limite pas à l’acte sexuel ou à la performance. Elle inclut aussi le désir, la tendresse, le contact, l’intimité émotionnelle et le lien à l’autre. Pendant et après un cancer, certaines personnes redéfinissent leur sexualité, en explorant d’autres formes de proximité ou en réajustant leurs attentes.
Les spécialistes insistent sur l’importance de reconnaître cette diversité d’expériences et de ne pas imposer de normes. Il n’existe pas de « bonne » manière de vivre sa sexualité après un cancer.
Le silence comme facteur d’isolement
De nombreuses études montrent que les patient·e·s attendent souvent que les soignant·e·s abordent la question de la sexualité, tandis que ces derniers supposent parfois que le sujet n’est pas prioritaire ou qu’il relève de la sphère privée. Ce silence mutuel contribue à l’isolement et à la banalisation de la souffrance sexuelle.
Pourtant, la Haute Autorité de Santé rappelle que la prise en compte de la vie sexuelle fait partie intégrante des soins de support en cancérologie.
L’importance de l’accompagnement
Des solutions existent. L’onco-sexologie, discipline à l’interface de la médecine, de la sexologie et de la psychologie, propose un accompagnement adapté aux personnes atteintes de cancer, seules ou en couple. Les traitements médicamenteux, la rééducation, les dispositifs médicaux, le soutien psychologique ou la thérapie de couple peuvent contribuer à améliorer la qualité de vie sexuelle.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que la santé sexuelle fait partie intégrante de la santé globale et du bien-être, y compris en contexte de maladie chronique.
Ouvrir le dialogue
Parler de sexualité dans le cadre du cancer n’est ni futile ni indécent. C’est reconnaître que les personnes malades restent des personnes désirantes, relationnelles, sensibles. Ouvrir le dialogue permet de normaliser les difficultés, de réduire la culpabilité et de favoriser des prises en charge adaptées.
Informer, écouter et accompagner sont des leviers essentiels pour améliorer la qualité de vie pendant et après le cancer.
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